Les contes enfants

Peau d'âne
Il était une fois un royaume où l'on vivait très
heureux.
Le peuple se félicitait de couler des jours tranquilles sous
la protection d'un si bon souverain et d'une reine si belle .
Pour comble de joie, la reine mit au monde une belle petite fille,
la princesse grandissait en beauté et en gentillesse, comblée
par l'amour de son père et de sa mère. Dans ce palais
où tout n'était que luxe et magnifiscence, une chose
remplissait les visiteurs d'étonnement.........
C'étaient les égards prodigués à un âne
qui logeait dans une pièce voisine de la salle du trône.
Cet âne fabuleux, déposait chaque matin, sur sa litière
de paille fraîche, un tas de beaux écus d'or.
Aussi, l'on pense bien que ce précieux fournisseur du trésor
était sévèrement gardé par des sentinelles
et faisait l'objet des attentions les plus assidues.
Or voici que le malheur s'abattit un jour sur le palais.
La bonne Reine tomba malade d'un mal mystérieux et vit venir
ses derniers jours. Avant de rendre l'âme, elle dit à
son époux: " Jurez-moi, que s'il vous prend envie de vous
remarier, vous ne le ferez que si vous rencontrez une femme plus belle,
et plus sage que moi.
Le Roi jura, les yeux baignés de larmes.
Au bout de quelques mois de deuil, il songea à reprendre femme,
mais ni son royaume ni ceux de ses voisions ne purent lui faire rencontrer
une personne qui dépassât la beauté et le charme
de son épouse.
Seule la princesse, sa fille, éclipsait la défunte Reine.
Aussi, le Roi décida-t-il de l'épouser.
Horrifiée, la jeune fille se confia à sa marraine,
qui était une fée.
Il faut gagner du temps, dit celle-ci.
Dis à ton père qu'avant d'accéder à sa
demande,
tu le pries de t'offir une robe couleur de soleil.
Le Roi commanda la robe au meilleur tailleur du royaume
L'homme se procura une soie brodée d'or et de diamants et se
mit à l'ouvrage.
Sept jours plus tard,
la robe fut présentée à la cour.
Elle était d'un éclat insoutenable.

Confondue, la jeune fille ne sut que répondre,
mais sa marraine lui vint de nouveau en aide. Ton père possède
l'âne qui sans cesse remplit les caisses de trésor. Demandes-lui
la peau de l'animal, tu ne l'obtiendras pas et le Roi renoncera à
son projet.
Contrairement à toute attente, la peau fut galamment accordée
à la jeune fille. Tout est perdu, se dit celle-ci et elle se
mit à pleurer amèrement. Heureusement, la fée
sa marraine, ne manquait pas d'imagination.
Quand on veut le bien il ne faut jamais craindre, dit-elle.
Ressaisis-toi, nous allons organiser ta fuite.
Je pense à un déguisement
sous lequel personne ne te reconnaîtra.
Couvre-toi de la peau de cet âne et barbouille-toi de cendres.
Jamais on ne croira qu'une belle jeune fille se cache sous ce vilain
masque. Prends ma baguette magique afin que tes robes et tes bijoux
puissent t'être rendus dès que tu en exprimeras le désir.
C'est donc sous ce déguisement que la princesse s'échappa
du palais avant le lever du jour. Elle finit par arriver dans une
ferme où l'on avait besoin d'une souillon pour s'occuper des
cochons.
Humblement, Peau d'Ane accepta ce travail.
Elle devint le souffre-douleur de tous les valets, qui la harcela
de leurs moqueries.
Seul le dimanche apportait un peu de repos à la malheureuse.
Alors, elle se retirait dans sa chambrette, elle se décrassait
et appelait son coffre d'un coup de baguette magique. Elle retirait
l'une de ses merveilleuses toilettes et après s'être
parée de ses bijoux, elle se contemplait dans le miroir. Ce
doux plaisir l'aidait à supporter la tristesse de son existence.
Or, il advint qu'un jeune prince, au retour de la chasse, fit halte
dans la cour de cette ferme. Ayant par hasard aperçu la merveilleuse
jeune fille, il en demeura ébloui. Il revint à la ferme,
mais lorsqu'il posait des questions personne ne semblait connaître
cette jeune beauté.

Il n'y a que Peau d'âne qui vive là, et elle est plus
laide qu'une taupe. Le Prince se retira chez lui et il était
si abattu qu'il perdit l'appétit et ne voulut plus voir personne.
Sa mère se désola.
Pressée par elle, le jeune homme déclara enfin que la
seule chose qui lui ferait plaisir serait un gâteau confectionné
pour lui par cette Peau d'Ane.
Sur l'ordre de la Reine, Peau d'Ane prit la farine la plus fine,
du beurre, des oeufs frais et pétrit le gâteau.
En travaillant la pâte, hasard ou non, une de ses bagues y
tomba...... Le Prince trouva la galette si bonne qu'il faillit avaler
le mince anneau d'or. En le voyant, il sentit son coeur se gonfler
de joie.
Qu'on me donne pour épouse, dit-il, la jeune fille qui pourra
glisser cet anneau à son doigt.
La nouvelle s'ébruita et l'on vit bientôt accourir des
jeunes filles de tout rang. aucunes d'elles n'avait la main assez
fine, Princesses, comtesses, baronnes, tout à tour présentèrent
leur main. Leurs doigts étaient trop gros.
Vinrent des demoiselles bourgeoises, des couturières, des
dentellières. La bague était toujours trop petite. Après
les servantes, les cuisinières, il ne resta que
Peau d'Ane au fond de sa basse-cour.
Couverte de sa peau d'âne,
elle apparut devant le Prince.
Malgré cet accoutrement, il trouva que sa beauté était
telle qu'il trembla de joie. Il reconnut celle, qu'un jour, il avait
vu au fond de la basse-cour.
Il lui passa la bague au doigt sans effort et déclara que
le mariage aurait lieu sans tarder.
Le père de la jeune Princesse, pris de remords, accourut avec
la fée sa marraine.
Le Prince et la Princesse se marièrent, eurent beaucoup d'enfants
et furent heureux jusqu'à la fin de leurs jours.
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