Les contes de Noël

Le Noël de Nicolas
Cette année là l’hiver fut rigoureux.
Les rivières et les étangs étaient couverts de
glace, une bise glaciale balayait les rues désertes. Les rares
passants emmitouflés rentraient vite au logis. C’était
un vingt-quatre décembre ; ce Noël se passerait aux tisons.
Comme tous les ans Nicolas avait installé une
petite crèche dans un coin de la cuisine, près de la
cheminée. Faute de sapin, son père avait coupé
un houx couvert de boules rouges. Il avait garni la crèche
avec tous les santons indispensables (mouton, bœuf, âne,
rois mages, boules lumineuses multicolores et bien sûr, Jésus,
Marie et Joseph). Il avait écrit une lettre au père
Noël en précisant ses goûts et en le remerciant
par avance pour sa légendaire générosité.
Sa mère avait fait un grand feu de bois dans la cheminée
afin que le brave homme puisse se réchauffer quand il viendrait.
Nicolas avait déposé sa lettre dans ses chaussons. Tout
était prêt, il n’y avait plus qu’à
attendre.
Quand les vingt-deux heures sonnèrent à
la grande horloge, Nicolas ne fit aucune difficulté pour aller
se coucher. Si par hasard, le père Noël était en
avance, il valait mieux qu’il ne soit pas là. En passant
devant la crèche, il fit une petite prière ; ça
ne coûtait pas cher et si quelquefois ça pouvait attendrir
un peu plus la bonté divine.....
Mais dans son lit, Nicolas anxieux se tournait et se
retournait et n’arrivait pas à s’endormir. Tout
était silencieux, sauf les rafales de vent qui secouaient les
volets. Il entendit vaguement les cloches de l’église
carillonner pour la messe de minuit. Enfin, il sombra dans le sommeil.
Il fit un tas de rêves et se réveilla plusieurs fois
dans la nuit. Il regarda son réveil qui ne marquait que trois
heures.
A sept heures il était totalement réveillé
et ne put se rendormir. A huit heures n’y tenant plus, il sauta
du lit, courut à la fenêtre et ouvrit les volets. Il
faisait encore nuit mais tout était blanc, une épaisse
couche blanche recouvrait la nature. lI crut apercevoir les traces
d’un traîneau, une lanterne rouge et entendre un bruit
de grelots. C’était sans doute le père Noël
qui finissait ses livraisons.

Il dégringola quatre à quatre l’escalier
et courut dans la cuisine. Sa lettre avait été ouverte
et ses chaussons croulaient sous les cadeaux. Enveloppés dans
de jolis papiers, il trouva un livre (les aventures de Robinson Crusoë)
un jeu de l’oie, un sac de billes, un ballon, un jeu de fléchettes,
des soldat de plomb et plusieurs friandises.
Avec de pareil trésors, il ne vit pas passer
la matinée. L’après-midi, il retrouva ses copains
et ils se montrèrent tous leurs cadeaux. Les vacances de Noël
promettaient de joyeux moments.
Il y a de cela bien longtemps, c’était
un Noël d’autrefois. Beaucoup d’années ont
passé et les jouets ont changé. Aujourd’hui, c’est
surtout l’électronique qui intéresse les enfants.
A chaque époque ses jeux !. Nicolas est devenu père
puis grand-père. Maintenant, c’est lui qui revêt
le grand manteau rouge et la barbe blanche pour la plus grande joie
de ses petits-enfants.
C’est le meilleur moyen, dit Nicolas, de conserver
une éternelle jeunesse. Comme Nicolas, il faut toujours croire
au père Noël.
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