Les contes de Noël

Le père noël et mon papa
Cette nuit, j'ai entendu du bruit dans l'appartement.
Ça m'a réveillé. J'ai pas bougé, pour
être sûr... ça a recommencé! Des pas dans
le salon. D'abord, je me suis dit que c'était peut-être
des cambrioleurs, et j'ai tiré la couverture par-dessus ma
tête en serrant très fort mon ours. Pour qu'il ne remue
pas. Oh! moi j'avais pas peur, mais si on voulait les attraper, il
valait mieux ne pas se faire remarquer.
J'ai écouté longtemps, sans respirer... mais, comme
on n'entendait plus rien, j'ai lâché mon ours pour le
cas où ça deviendrait dangereux, et je me suis glissé
hors du lit pour aller chercher mon pistolet-laser. J'ai remonté
le pantalon de mon pyjama qui descend toujours, puis j'ai ouvert la
porte de ma chambre, tout doucement,
car parfois elle grince.
Il faisait tout noir dans le hall d'entrée; sous la porte
de la chambre de papa et maman, il n'y avait même pas le petit
rayon des nuits où maman lit très tard.
Sur la pointe des pieds, je suis arrivé à la porte
du salon, qui était entre ouverte, et là... j'ai failli
laisser tomber mon laser. Le "cambrioleur" avait allumé
la petite lampe à côté de la télé.
Ah! oui, drôle de cambrioleur; je l'ai reconnu tout de suite,
à son costume rouge bordé de blanc, à son bonnet
spécial et à sa barbe toute blanche. Il avait appuyé
sa grande hotte contre la cheminée, pour travailler plus à
l'aise : il déposait plein de cadeaux sur le tapis, au pied
du sapin. J'ai fait :
- Ouhhhhhh! Le Père Noël!
Lui, il s'est retournée et il a rigolé en voyant mon
pistolet-laser pointé sur lui. Il a posé son doigt sur
la bouche :
- Chut! N'aie pas peur, c'est papa. Ne fais pas de bruit, tu vas réveiller
ta soeur.

J'étais tellement étonné de rencontrer
le Père Noël, comme ça, à la maison pendant
la nuit, que j'ai rien trouvé à répondre. Alors,
il m'a dit :
- Retourne vite te coucher, petit homme, pendant que je termine de
préparer la fête pour demain.
Et il m'a envoyé un baiser qui vole, exactement
comme fait papa quand il me dit bonsoir, avant d'éteindre.
Mais là, c'était pas pareil; il a soufflé sur
son gant blanc et sa grosse bague a jeté un reflet rouge. Je
me suis senti tout bizarre : mes yeux piquaient, comme quand j'ai
sommeil...
J'ai remonté le pantalon de mon pyjama, qui
était encore descendu, et je suis retourné dans ma chambre,
comme il l'avait demandé. J'ai refermé la porte, et
j'ai grimpé dans mon lit, près de mon ours. Il s'était
caché tout au fond. Maman dit souvent qu'on le même âge
tous les deux, et après elle l'appelle Vieux Nounours. Il est
pas vieux; moi je le trouve encore petit : il a toujours peur. Il
faut que je le protège. Alors, je lui ai tout expliqué
pour le rassurer :
- ... Et, tu sais, j'ai rien dit, parce qu'il faisait
semblant d'être papa, pour pas qu'on le reconnaisse et parce
qu'il n'avait pas le temps, à cause de tout le travail qu'il
a cette nuit pour aller chez tous les enfants. Partout! Tu te rends
compte?... Mais moi je sais bien que ce n'était pas mon papa.
C'ÉTAIT LE PÈRE NOËL!
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